Accroché par le FUS de Rabat (1-1) lors de la 4e journée de la Botola Pro Inwi, le Raja de Casablanca enchaîne les prestations décevantes. Au-delà des points perdus, c’est surtout l’absence d’une identité de jeu avec une ADN du Raja qui inquiète le plus. Trois matchs et le rendement encore insuffisant des recrues estivales qui interrogent. Les choix du directeur sportif Rogério Matias et les orientations du projet sportif dirigé par Jaouad Ziyat sont désormais au centre des questions.
Le Raja de Casablanca avance sans convaincre. Après son match nul contre le Maghreb de Fès (0-0), les Verts ont de nouveau laissé filer des points face au FUS de Rabat (1-1). Deux rencontres qui alimentent les inquiétudes autour d’une équipe dont le jeu ne correspond ni à son histoire ni aux attentes de ses supporters.
Le problème dépasse désormais le simple bilan comptable. Face au MAS comme contre le FUS, le Raja a peiné à construire des attaques cohérentes, à créer des décalages et à installer une véritable maîtrise collective. Les transmissions manquent de précision dans leur intention, les déplacements paraissent désordonnés et les connexions entre les lignes restent insuffisantes.
Or, le Raja s’est longtemps distingué par sa capacité à combiner dans les petits espaces, à faire circuler le ballon et à créer des occasions grâce à des joueurs capables de donner du rythme au jeu. Des profils comme Abdelilah Hafidi et Mohsine Moutouali incarnaient cette culture technique, sans laquelle l’équipe semble aujourd’hui privée d’une partie de son identité.
Des recrues estivales encore attendues
Le rendement des nouveaux joueurs constitue l’autre sujet de préoccupation. Le recrutement devait permettre au Raja de franchir un cap et de renforcer ses ambitions. Pour l’heure, les dernières prestations n’ont pas encore montré la valeur ajoutée collective attendue de cet investissement sportif.
La question n’est donc pas uniquement de savoir si les recrues possèdent des qualités individuelles. Il s’agit aussi de comprendre comment elles s’intègrent dans un projet commun, quels rôles leur sont confiés et si l’effectif a été construit autour d’une véritable complémentarité.
Multiplier les arrivées ne garantit pas la progression d’une équipe. Dans un club qui vise les titres, le recrutement doit répondre à des besoins précis et apporter des solutions immédiatement identifiables. Des renforts ciblés, capables de renforcer les secteurs déficients, auraient pu constituer une autre approche que l’arrivée d’un grand nombre de joueurs en un seul mercato.
Rogério Matias et Paco Jémez face à leurs responsabilités
Les interrogations concernent également la conduite du projet sportif. Rogério Matias, directeur sportif du club et acteur central des choix de recrutement selon les éléments avancés, doit répondre aux questions que soulève la composition de l’effectif. Paco Jémez, de son côté, est attendu sur sa capacité à donner une structure et une cohérence au jeu de son équipe.
Le changement d’entraîneur intervenu pendant la préparation estivale, avec le départ de Nasreddine Nabi, ajoute une dimension à ce dossier. La succession des choix techniques et la constitution du groupe doivent désormais être évaluées à l’aune des performances sur le terrain.
Il serait toutefois prématuré de tirer un bilan définitif après quelques journées. Mais les difficultés observées sur plusieurs rencontres imposent des réponses concrètes. Le Raja doit retrouver des circuits de passes, une organisation lisible et des joueurs capables de faire progresser le ballon entre les lignes. Sans ces fondamentaux, les ambitions resteront des déclarations sans traduction sportive.
Un projet sportif encore loin des attentes
La situation interroge d’autant plus que le Raja aborde sa deuxième saison sous le modèle de la société sportive, présenté comme un levier de transformation et de développement du club. L’objectif affiché était de renforcer sa compétitivité et de l’installer durablement parmi les références africaines.
Pour l’instant, les prestations observées ne permettent pas de mesurer concrètement les progrès attendus. Le club peine déjà à imposer son jeu sur la scène nationale, alors que ses ambitions dépassent largement les frontières marocaines.
Cette situation pose aussi la question du rapport entre les moyens consentis et les résultats obtenus. Les abonnements figurent parmi les plus chers du championnat selon les données avancées, ce qui renforce les attentes des supporters. Ceux-ci ne réclament pas seulement des victoires : ils veulent reconnaître dans leur équipe une identité, de l’engagement et une ambition clairement traduite sur le terrain.
La comparaison avec Fadlu Davids, ancien entraîneur vivement critiqué, s’invite déjà dans les discussions. Mais au-delà des débats entre techniciens, l’urgence est ailleurs : le Raja doit démontrer qu’il dispose d’une direction sportive cohérente et d’un collectif capable de progresser.
Le nul contre le FUS n’est pas, à lui seul, le verdict d’une saison. Il prolonge néanmoins les interrogations ouvertes par la prestation face au MAS. À Jaouad Ziyat, Rogério Matias et Paco Jémez de montrer, par des choix lisibles et des progrès tangibles, que le projet avance dans la bonne direction. Pour un club de la dimension du Raja, retrouver une identité de jeu est désormais aussi important que retrouver le chemin de la victoire.