Présidence FIFA : qui est Ramon Vega qui défi Infantino ?
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Présidence de la FIFA : qui est Ramon Vega, cet ex-international suisse devenu financier qui veut détrôner Gianni Infantino ?

Du Crédit Suisse au temple de Wembley, des parquets de la haute finance aux coulisses du football mondial. Ancien défenseur international helvétique, entrepreneur polyglotte maîtrisant six langues, Ramon Vega a officialisé sa candidature à la présidence de la FIFA pour le scrutin de mars. Portrait d’un candidat au parcours singulier, façonné entre la rigueur bancaire, les joutes de Premier League et le sens des affaires.

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Ramon Vega, le financier-footballeur qui ambitionne de renverser Gianni Infantino à la FIFA. Il faut une dose certaine d’audace, ou un sens aigu de la trajectoire, pour s’attaquer au trône de la FIFA. Alors que l’élection présidentielle de l’instance faîtière du football mondial est programmée pour mars prochain à Rabat au Maroc, un visage bien connu du football suisse a décidé de sortir du rang pour porter le fer contre Gianni Infantino : Ramon Vega.

À 55 ans, l’ancien international helvétique ne présente pas le profil classique des diplomates en costume sombre qui arpentent habituellement les couloirs de Zurich. Polyglotte accompli, il s’exprime couramment en allemand, espagnol, anglais, français, italien et portugais, Vega incarne un hybride rare : un homme façonné par la culture du vestiaire pro et rodé aux arcanes de la haute finance.

L’école helvétique : du double projet bancaire aux sommets du Grasshopper

Né le 14 juin 1971 à Olten de parents immigrants espagnols, Ramon Vega grandit avec le ballon au pied dans le canton de Soleure. C’est au FC Trimbach puis au FC Olten qu’il fait ses premières armes, disputant sa première saison senior sous les couleurs de Trimbach en 1989-1990. Repéré par le Grasshopper Club Zurich, il franchit le pas vers le monde professionnel.

C’est là que se forge la dualité de son destin. Dans la plus pure tradition suisse du double cursus, le jeune défenseur mène de front ses entraînements et un apprentissage bancaire au sein du Crédit Suisse, partageant cette formation rigoureuse avec deux autres pépites du football national, Alain Sutter et Ciriaco Sforza. Sur le terrain, la réussite est totale : Vega amasse trois titres de champion de Suisse et une Coupe nationale avec le club zurichois, affirmant un gabarit athlétique et un sens de l’anticipation qui lui ouvrent logiquement les portes de l’équipe nationale suisse. Entre 1993 et 2001, il honorera 23 sélections avec la Nati, participant notamment à l’Euro 1996 en Angleterre et s’offrant même un but mémorable face aux Three Lions lors d’un amical au Wankdorf de Berne en 1998 (1-1).

Les montagnes russes britanniques : de la gloire de Wembley au triplé du Celtic

Attiré par les championnats étrangers, il tente une brève parenthèse de sept mois à l’US Cagliari en Serie A avant de poser ses valises en Angleterre, à Tottenham Hotspur. À Londres, Vega connaît le point d’orgue de sa carrière de joueur en remportant la Coupe de la Ligue anglaise en 1999. Mais la finale de Wembley face à Leicester tourne au drame personnel : victime d’une grave fracture de la cheville, le défenseur ne retrouvera plus jamais l’intégralité de ses moyens physiques au sein de l’effectif des Spurs.

Relancé en prêt au Celtic FC en décembre 2000 — après avoir pourtant décliné une première approche quelques mois plus tôt, le Suisse réalise un passage éclair mais étincelant en Écosse. En seulement six mois à Glasgow, il décroche un triplé national retentissant. Jugeant la proposition de prolongation d’un an formulée par les dirigeants du Celtic « inacceptable », il décline l’offre et s’engage avec Watford. Après deux exercices chez les Hornets et un ultime bail d’une saison en France, sous forme de prêt à l’US Créteil-Lusitanos, Ramon Vega raccroche définitivement ses crampons en 2003.

Ramon Vega Fifa présidence : Reconversion dans la finance et l’hôtellerie de luxe

Loin de s’éloigner des affaires, la fin de sa carrière sportive marque le véritable envol de son profil d’homme d’affaires. S’appuyant sur ses bases acquises au Crédit Suisse, Vega s’immerge dans le secteur financier londonien en devenant associé d’une société d’investissement. Après la revente fructueuse de ses parts en 2007, il fonde son propre groupe d’investissement, se positionnant notamment sur le marché de l’hôtellerie de haut standing en faisant l’acquisition du mythique hôtel « Le Rosalp », joyau situé à Verbier dans le canton du Valais.

Sa passion pour le ballon rond ne s’éteint pas pour autant. En 2009, il tente un retour au premier plan opérationnel en formulant une offre de rachat pour le club anglais de Portsmouth FC, alors en proie à de lourdes difficultés financières, une tentative finalement éconduite par la direction britannique.

Aujourd’hui, c’est au sommet de la pyramide mondiale que Ramon Vega place ses ambitions. En posant sa candidature face à Gianni Infantino pour la présidence de la FIFA, l’ancien défenseur helvétique entend faire valoir sa double culture d’homme de terrain et de gestionnaire d’actifs.

Ramon Vega Fifa présidence. En attendant ce duel, Vega doit d’abord obtenir le parrainage d’au moins cinq fédérations parmi les 211 associations membres de la FIFA. Une exigence qui ne devrait pas constituer un obstacle majeur pour l’ancien international, plusieurs membres de l’UEFA s’opposant ouvertement à Gianni Infantino. Mais au-delà des parrainages, le candidat devra surtout convaincre la majorité des 211 associations de lui accorder leur confiance. Et c’est précisément là que réside son plus grand défi.

Par : Abderrahman Ichi

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