FFF - Infantino : Vrai séisme ou simple coup de com' ?
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FIFA : la FFF lâche Infantino, un coup pour rien ?

En retirant son soutien à Gianni Infantino, la FFF frappe un coup médiatique fort. Mais avec une seule voix sur 211, la France a-t-elle réellement le pouvoir de faire chuter le patron de la FIFA ? Décryptage.

ALT= FFF vs Infantino : Séisme politique ou coup d'épée dans l'eau à la FIFA.

FFF – Infantino : vrai séisme ou simple coup de com’ ? L’annonce de la Fédération Française de Football (FFF) de retirer son soutien à Gianni Infantino relève quasi exclusivement de la posture politique et de la communication interne. Sur le plan électoral, le poids de la France pour faire chuter le président de la FIFA ou empêcher sa réélection reste proche de zéro.

Une arithmétique impitoyable : 1 voix sur 211

Selon les données officielles du Règlement du Congrès de la FIFA, La FIFA fonctionne selon le principe démocratique « une association, une voix ». La FFF dispose exactement de la même influence électorale que la fédération de Montserrat, de Guam ou des îles Cook.

Sur les 211 associations membres composant le congrès de la FIFA, la répartition des voix rend toute opposition européenne minoritaire :

  • CAF (Afrique) : 54 voix
  • UEFA (Europe) : 55 voix
  • AFC (Asie) : 47 voix
  • CONCACAF (Amérique du Nord, Centrale et Caraïbes) : 35 voix
  • OFC (Océanie) : 11 voix
  • CONMEBOL (Amérique du Sud) : 10 voix

Pour être élu ou renversé, un candidat doit rassembler une majorité absolue. À elle seule, la France ne représente que 0,47 % du corps électoral.

D’après les retours compilés par les agences Reuters et AFP auprès des fédérations africaines (CAF) et asiatiques (AFC)…, le bloc du « Sud global » est totalement hermétique à la contestation européenne. Gianni Infantino a construit son pouvoir sur une stratégie financière et structurelle ciblée vers les confédérations hors-UEFA :

  • Le programme FIFA Forward : Les compétences de redistribution financière vers les petites et moyennes fédérations ont été multipliées par quatre. Pour des dizaines de nations, les subventions de la FIFA constituent la quasi-totalité de leur budget de fonctionnement.
  • Le Mondial à 48 équipes : L’élargissement de la Coupe du monde garantit des places supplémentaires directes pour l’Afrique, l’Asie et la CONCACAF, leur assurant des retombées économiques majeures.

Même au sein de l’UEFA (55 voix), la France est loin de faire l’unanimité. Si un noyau européen (Allemagne, Norvège, Danemark, Suède, Angleterre) exprime régulièrement des réserves sur la gouvernance d’Infantino, de nombreuses fédérations d’Europe de l’Est et du Sud soutiennent activement le président de la FIFA.

L’écho dans la presse internationale : du scepticisme à l’indifférence

Loin du microcosme médiatique français, la position de la FFF n’a provoqué aucun séisme dans les instances internationales :

  • Selon des analyses publiées par The Athletic et The Guardian, cette posture est perçue comme des prises de position de virtue signaling (posture morale) purement symbolique. Ils rappellent régulièrement qu’exprimer son opposition sans présenter de candidat alternatif crédible face à Infantino équivaut à un coup d’épée dans l’eau.
  • Médias africains (CAF) et asiatiques (AFC) : Le sujet est traité de manière périphérique, voire perçu avec agacement. Pour de nombreux dirigeants du « Sud global », la démarche de la FFF passe pour une leçon de morale européenne déconnectée des réalités économiques du football mondial.
  • Amérique du Sud (CONMEBOL) : Les instances sud-américaines privilégient les négociations pragmatiques (attribution de matchs, calendriers) plutôt que les affrontements politiques stériles.

Pourquoi la FFF prend-elle cette posture ?

Si cette décision n’a aucun impact direct sur l’échéance électorale, elle répond à des impératifs stratégiques précis :

  1. Soigner l’image nationale : Répondre aux attentes de l’opinion publique française, du ministère des Sports et des ONG sur les questions d’éthique, de droits humains et de gouvernance.
  2. Maintenir le rang diplomatique : S’aligner sur le bloc nordique et allemand au sein du comité exécutif de l’UEFA.
  3. Marquer une rupture : Afficher un changement de cap managérial par rapport aux alliances passées.

L’annonce de la FFF demeure une opération de communication à usage interne et européen. Face à la machine électorale de Gianni Infantino, plébiscité par l’Afrique, l’Asie et l’Océanie, la voix française reste marginale. Sans candidat d’opposition structuré et sans coalition intercontinentale, le contrôle de la FIFA demeure totalement verrouillé. Et La FFF peut retirer autant qu’il le veut son soutien à Gianni Infantino, mais cela ne changera rien à la réalité du terrain.

Par : Abderrahman Ichi

Sources et références :

  • FIFA : Statuts et règlement du Congrès de la FIFA (Gouvernance et système de vote).
  • The Athletic / The Guardian : Analyses politiques sur la gouvernance de Gianni Infantino et l’opposition européenne.
  • Agence France-Presse (AFP) / Reuters : Déclarations officielles de la FFF et réactions des confédérations internationales.

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