ydad : Nabi reconnaît les limites de son effectif
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Wydad : Nasreddine Nabi pointe le déséquilibre du milieu et les limites de son effectif

Après la victoire contre le Moghreb de Tétouan, Nasreddine Nabi reconnaît le manque de véritables numéros 8 au Wydad et explique les difficultés de son animation.

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Après la victoire contre le Moghreb de Tétouan (1-0), Nasreddine Nabi a livré un diagnostic sans détour sur les difficultés du Wydad. L’entraîneur reconnaît notamment le manque de profils capables d’évoluer au poste de milieu relayeur et les problèmes d’équilibre qui en découlent. Tout en assumant ses choix tactiques, il défend un projet à plus long terme : construire une équipe forte et ramener le club à sa place sur les scènes nationale et continentale.

La victoire contre le Moghreb de Tétouan (1-0) n’a pas empêché Nasreddine Nabi de mettre en lumière les limites actuelles de son équipe. En conférence de presse, l’entraîneur du Wydad a reconnu plusieurs déséquilibres dans son effectif, particulièrement au milieu de terrain. Un constat qui éclaire certaines de ses décisions tactiques et les difficultés rencontrées par les Rouges dans l’animation du jeu.

Le technicien ne cherche pas à masquer les problèmes. Il estime notamment que son équipe manque de véritables milieux relayeurs, capables de porter le ballon, de faire le lien entre les lignes et de créer du danger. Une faiblesse qui l’oblige à adapter ses compositions et à bricoler pour trouver la complémentarité nécessaire.

Nasreddine Nabi Wydad reconnaît le manque de véritables numéros 8 au Wydad

Interrogé sur le déséquilibre de l’entrejeu et l’utilisation de joueurs aux profils similaires, notamment Karkach, Benaissa et d’autres éléments à vocation défensive, Nasreddine Nabi a reconnu la pertinence de cette analyse.

« C’est vrai, je l’admets. Le problème est que les options n’étaient pas nombreuses au poste de milieu relayeur, le numéro 8 », a-t-il expliqué.

L’entraîneur considère que plusieurs joueurs de son effectif possèdent davantage les caractéristiques d’un milieu défensif, ou numéro 6. Il a notamment cité Yahya Jabrane, Adil Khelifi, Benaissa et Boukass. Karkach représente, selon lui, le seul véritable profil de numéro 8 disponible, même si le joueur n’était pas totalement à l’aise lors de la rencontre contre le Moghreb de Tétouan.

« Je bricole un peu pour trouver l’équilibre »

Nabi a également expliqué les raisons de certains choix. Concernant Boukass, il a notamment rappelé sa capacité à apporter défensivement et à se projeter dans la surface adverse. Le technicien souhaite exploiter sa puissance physique et sa présence dans les derniers mètres, malgré les pertes de balle dont il peut être responsable.

Pour Karkach, le problème est différent. Le joueur est censé assurer la liaison entre les lignes, conserver le ballon et porter le jeu vers l’avant. Mais son rendement n’a pas répondu aux attentes lors de cette rencontre.

« Quand vous voyez un déséquilibre à ce niveau, oui, c’est exact, et je ne peux pas le cacher. Si je fais une erreur, je le dis. Mais je bricole un peu pour trouver l’équilibre, fixer mes repères et assurer la complémentarité », a reconnu l’entraîneur.

Il compte sur les ajustements tactiques et l’évolution des profils disponibles pour corriger progressivement ces lacunes.

Un modèle de jeu adapté à l’histoire et aux ambitions du Wydad

Au-delà des difficultés immédiates, Nasreddine Nabi a insisté sur la nécessité de construire un modèle de jeu cohérent avec le statut du club. Pour lui, entraîner le Wydad implique de respecter son histoire, son institution et ses exigences sportives.

Le technicien estime qu’un tel projet nécessite du temps, des joueurs adaptés et un travail répété à l’entraînement. Il distingue ainsi la construction d’une identité de jeu de la recherche de résultats immédiats.

« Le plus important n’est pas seulement le système en soi, mais le modèle de jeu. Il doit correspondre à un club comme le Wydad », a-t-il expliqué.

Nabi considère également que la réussite de ce projet dépendra de la cohésion entre les différentes composantes du club. Il a notamment appelé à une compréhension mutuelle entre les supporters, la direction, le staff technique et les joueurs.

« Mon objectif est de construire une équipe très forte »

L’entraîneur a ensuite clairement défini son ambition. Il ne veut pas limiter son passage au Wydad à une succession de résultats locaux. Son objectif est de bâtir une équipe capable de retrouver une place de premier plan au Maroc et sur le continent.

« Mon premier objectif est de construire une équipe très forte, avant de parler de résultats. Ma volonté au Wydad n’est pas seulement d’obtenir des résultats locaux, mais de ramener le club à sa place naturelle, tant sur le plan national que continental », a-t-il affirmé.

Le technicien sait toutefois que les résultats restent déterminants dans un club de cette dimension. Il entend donc restaurer progressivement la confiance des joueurs et des supporters, en commençant par les victoires.

Nabi refuse de critiquer la préparation physique précédente

Questionné sur la situation physique de son groupe et la multiplication des blessures, Nasreddine Nabi a choisi de ne pas mettre en cause le travail du staff précédent.

Il a estimé que critiquer la préparation physique reviendrait indirectement à reprocher quelque chose à ses confrères. Une démarche qu’il refuse d’adopter publiquement.

Le technicien a également rappelé que toutes les blessures ne sont pas nécessairement liées à la préparation physique. Il a toutefois reconnu qu’une meilleure situation physique aurait pu permettre à son équipe d’être encore plus performante.

En évoquant les joueurs qui ont poursuivi la rencontre malgré des douleurs, Nabi voulait surtout mettre en avant leur état d’esprit, leur solidarité et leur volonté de réussir avec le Wydad.

Ayman El Hassouni, un rôle dicté par les circonstances

L’entraîneur est également revenu sur le positionnement d’Ayman El Hassouni, notamment entre les deux périodes. Il a expliqué que son utilisation dans les espaces intérieurs répondait aux contraintes de son animation offensive.

Les latéraux alignés au coup d’envoi possédaient des profils offensifs. En raison des absences et des blessures parmi les ailiers, Nabi ne souhaitait pas se priver de leur apport dans les couloirs.

Cette organisation a donc conduit El Hassouni à occuper différents espaces, tantôt dans le rôle d’un numéro 10, tantôt dans celui d’un ailier intérieur. Le technicien estime que le joueur s’est plutôt bien adapté à cette mission.

Son repositionnement dans l’axe en cours de match répondait ensuite à un besoin de rééquilibrage et de meilleure liaison au milieu de terrain.

Nabi ne voit pas encore de favori incontestable pour le titre

Enfin, interrogé sur la prochaine série de rencontres face aux équipes les plus compétitives de la Botola, le technicien a affiché sa confiance envers son groupe. Il estime qu’aucune formation ne domine actuellement suffisamment le championnat pour être considérée comme une championne en puissance.

Selon lui, l’inconstance concerne plusieurs équipes et les résultats peuvent rapidement évoluer d’une journée à l’autre.

Dans cette période de transition, sa priorité reste de redonner de la confiance à ses joueurs et aux supporters. Il sait que le Wydad sera jugé sur ses résultats, mais entend s’appuyer sur le travail hebdomadaire pour corriger les lacunes de son effectif.

Le message de Nabi est donc double : le Wydad doit gagner dès maintenant, mais il doit surtout retrouver une identité de jeu et les moyens de ses ambitions. Le manque de profils au milieu de terrain constitue l’un des chantiers les plus visibles de cette reconstruction.

Par : Abderrahman Ichi

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