Mouloudia d’Oujda : le club de l'Oriental au bord du précipice
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Mouloudia d’Oujda : le club de l’Oriental au bord du précipice

Le Mouloudia d’Oujda n’a toujours pas repris les entraînements pour préparer la saison 2026-2027. Démission du président, impayés et dettes : le club historique de l’Oriental est en grand danger.

Alt= Mouloudia d’Oujda : le club de l’Oriental au bord du précipice.

Le Mouloudia d’Oujda traverse une crise profonde à quelques semaines du début de la saison 2026-2027. Le club historique du Maroc n’a toujours pas repris les entraînements et se retrouve confronté à une situation financière particulièrement préoccupante.

Cette situation inquiète d’autant plus que le Mouloudia d’Oujda occupe une place importante dans l’histoire du football marocain. Champion du Maroc lors de la saison 1974-1975, le MCO a également remporté quatre Coupes du Trône et une Supercoupe du Maroc. Le club a longtemps représenté la vitrine sportive de la ville d’Oujda.

Aujourd’hui, son avenir apparaît beaucoup plus incertain.

Mouloudia d’Oujda : un club au bord du précipice

Interrogé sur la situation du MCO, Hassan Marzak, président de l’Association Espace Mouloudia, dresse un constat particulièrement inquiétant. Selon lui, le club est « au bord du précipice » et risque de connaître le même sort que la Renaissance de Settat ou l’Union de Sidi Kacem, deux clubs historiques aujourd’hui éloignés de l’élite du football marocain.

Le premier signal d’alerte concerne la préparation de la nouvelle saison. Alors que les autres équipes ont commencé à organiser leur préparation, le Mouloudia d’Oujda n’a toujours pas repris les entraînements pour préparer l’exercice 2026-2027 et n’a pas non plus d’entraîneur qui va diriger le club la prochaine saison. . Seuls l’équipe U18 et quelques espoirs du club s’entraînent.

Une situation difficilement compatible avec les ambitions d’un club qui vient de sauver sa place en Botola D2 lors de la dernière journée, grâce au goal-average.

La démission de Khalil Mouttahid fragilise encore le MCO

La crise institutionnelle vient également aggraver la situation. Khalil Mouttahid, élu président du Mouloudia d’Oujda en 2025 pour un mandat de quatre ans, a présenté sa démission lors de l’assemblée générale tenue le 29 juillet, après seulement une année à la tête du club.

Selon Hassan Marzak, l’arrivée de Khalil Mouttahid à la présidence avait notamment été encouragée par Khatib El Hebil, alors wali de la région d’Oujda et actuellement wali de la région Marrakech-Safi. Mouttahid avait accepté la proposition et présenté une liste qui avait été élue pour quatre ans.

Mais il n’est finalement pas allé au terme de son mandat.

La question d’un éventuel lien entre cette démission et la mutation de Khatib El Hebil à Marrakech reste ouverte. Aucun élément ne permet toutefois d’établir avec certitude un lien direct entre les deux événements.

Actuellment, c’est Adnane Kaddouri qui dirige le club en attendant qu’il compose son comité. Aux dernières nouvelles, Kaddouri a rencontré, mardi 18 août, le Wali de la Région de l’Oriental, Mhamed Atfaoui. Une réunion apparemment positive.

Le Mouloudia d’Oujda a besoin de 70 millions de DH

Au-delà de la crise institutionnelle, c’est surtout la situation financière qui inquiète. Selon Hassan Marzak, le Mouloudia d’Oujda aurait besoin de 5 millions de dirhams en urgence pour régler trois mois de salaires aux joueurs et éviter qu’ils ne deviennent libres.

Le dossier de l’international botswanais Mothusi Cooper illustre déjà les difficultés du club. La FIFA a rendu une décision en faveur du joueur en raison d’impayés. Désormais Cooper est libre de signer là ou il veut.

Le MCO aurait également besoin de 6 millions de dirhams supplémentaires pour renforcer son effectif et éviter de revivre les difficultés de la saison précédente.

À ces besoins immédiats s’ajoutent les dettes héritées de la précédente gestion. Hassan Marzak évoque un déficit de 6 millions de dirhams laissé par l’ancien président, auquel s’ajouteraient une créance de 30 millions de dirhams en faveur de l’ancien président Mohamed Houar ainsi qu’une autre dette de 20 millions de dirhams envers des fournisseurs, des hôtels et d’autres prestataires.

Selon cette estimation, le Mouloudia d’Oujda aurait besoin d’environ 70 millions de dirhams pour assainir complètement sa situation.

Sans sponsor, le MCO risque de connaître le même sort que Settat et Sidi Kacem

Pour Hassan Marzak, l’absence de sponsor constitue une menace supplémentaire pour le club. Sans soutien financier conséquent, le Mouloudia d’Oujda pourrait connaître une chute comparable à celle de la Renaissance de Settat ou de l’Union de Sidi Kacem.

Le constat est d’autant plus préoccupant que le club n’a toujours pas entamé sa préparation pour la nouvelle saison.

Face à cette situation, Marzak appelle à la mise en place d’un véritable plan de sauvetage par les autorités publiques. Il estime qu’une intervention de l’État serait nécessaire pour permettre au MCO de sortir de cette crise.

« Si l’État n’intervient pas comme il avait fait avec le Raja, le club aura le même sort que la Renaissance de Settat et l’Union Sidi Kacem », affirme-t-il.

Le Mouloudia d’Oujda se retrouve ainsi face à une urgence sportive, financière et institutionnelle. Avant même de penser à jouer les premiers rôles, le club doit désormais trouver les moyens de simplement repartir sur des bases solides pour la saison 2026-2027.

Par : Abderrahman Ichi

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