La Guerre psychologique de Queiroz est lancée. Le décor est planté. Avant même le coup d’envoi du match décisif entre le Maroc et Oman en Coupe arabe, la première manche s’est jouée en conférence de presse. Carlos Queiroz, maître dans l’art de la communication et de la préparation mentale, a livré une prestation calibrée, lançant une subtile mais réelle guerre psychologique à l’encontre des Lions de l’Atlas A’ et de leur sélectionneur, Tarik Skitioui.
Guerre psychologique de Queiroz : « J’ai gagné deux fois… mais on ne gagne pas avec le passé » : La déclaration ambivalente de Queiroz
La phrase d’accroche du Portugais a immédiatement donné le ton de cette guerre psychologique. En déclarant, « J’ai gagné deux fois en tant qu’entraîneur contre l’équipe marocaine, mais on ne gagne pas avec le passé », Queiroz manie parfaitement la contradiction. Il instille simultanément un souvenir de supériorité dans l’esprit de ses joueurs et du public, tout en feignant de le minimiser. C’est un rappel à la fois discret et puissant de son expérience et de sa connaissance de l’adversaire, une tentative classique pour s’arroger un ascendant mental avant même le match.
Guerre psychologique de Queiroz : les autres leviers de la guerre psychologique
La stratégie de Queiroz ne s’est pas arrêtée là. En qualifiant le Maroc de « maturité tactique », il semble flatter l’adversaire, mais place aussi la barre très haut pour lui. Son objectif affiché – « atteindre le niveau optimal de l’équipe omanaise » – plutôt que de simplement chercher la victoire, est un autre élément de cette guerre psychologique. Cela déplace la pression, présentant Oman comme l’outsider ambitieux sans rien à perdre. Enfin, son commentaire sur le football, « sport d’erreurs », peut être interprété comme un message préventif à l’arbitrage et une préparation de terrain pour contester d’éventuelles décisions controversées.
Guerre psychologique de Queiroz : la réponse de Skitioui : Désamorcer la guerre psychologique par le concret
Face à cette offensive verbale, le sélectionneur marocain Tarik Skitioui a choisi la parade la plus efficace : le recentrage sur le jeu. En réponse aux annonces tactiques de Queiroz, il a calmement rétorqué : « Ce sont les 90 minutes qui nous montrent… comment gérer le déroulement du match. » Par cette phrase, il désamorce la guerre psychologique en ramenant le débat sur l’unique élément qui compte : la performance sur le terrain. Son discours, axé sur la « responsabilité », la « préparation » et l’honneur du « drapeau », oppose une solidité collective et un objectif clair aux manœuvres verbales de l’adversaire.
Guerre psychologique de Queiroz La bataille des bancs de touche est lancée
Ainsi, la guerre psychologique initiée par Queiroz avant Maroc-Oman a trouvé sa première réponse. D’un côté, le Portugais use de son expérience et de la rhétorique pour créer un contexte favorable à son équipe. De l’autre, Skitioui et les Lions paraissent déterminés à ne pas se laisser distraire, concentrés sur la matérialisation de leur supériorité footballistique. La victoire dans les têtes est souvent un prélude à la victoire sur la pelouse. Le verdict de cette double bataille, mentale et sportive, sera rendu vendredi à 15h30.
Par : A.I.
Carlos Queiroz, entraîneur de la sélection d’Oman.