Le Mondial 2030 est-il déjà menacé par le bras de fer entre Gianni Infantino et l’UEFA ? Selon El Español.com, l’Espagne et le Portugal pourraient renoncer à organiser la prochaine Coupe du monde si le président de la FIFA maintient son projet de privatisation d’une partie de l’activité commerciale de l’instance. Une hypothèse qui intervient alors que l’UEFA menace de boycotter les compétitions de la FIFA.
Le projet FIFA Forward Enterprise provoque ainsi une crise qui dépasse largement les questions financières. Il pourrait avoir des conséquences directes sur le tournoi organisé par l’Espagne, le Portugal et le Maroc.
La menace de l’UEFA pourrait pousser l’Espagne et le Portugal à renoncer au Mondial 2030 ?
L’Espagne et le Portugal pourraient-ils renoncer à l’organisation de la prochaine Coupe du monde 2030 ? La question se pose désormais avec insistance après l’escalade du conflit entre la FIFA et l’UEFA.
Selon El Español, les deux pays pourraient renoncer à organiser la Coupe du monde si Gianni Infantino ne retire pas son projet de privatisation d’une partie de l’activité commerciale de la FIFA.
Cette hypothèse reste, à ce stade, une possibilité et non une décision officielle. Mais elle illustre la gravité de la crise actuelle.
L’Espagne et le Portugal sont membres de l’UEFA. Leur position pourrait donc évoluer en fonction du bras de fer engagé par l’instance européenne avec la FIFA.
Le problème est d’autant plus sensible que les deux pays doivent coorganiser le Mondial 2030 avec le Maroc.
Le projet d’Infantino provoque une crise avec l’UEFA
Gianni Infantino souhaite créer une société filiale de la FIFA baptisée FIFA Forward Enterprise. Cette structure serait chargée d’exploiter les droits commerciaux des compétitions de l’instance internationale.
Selon les estimations avancées par le président de la FIFA, cette société pourrait être valorisée à 20 milliards de dollars.
La FIFA envisagerait de vendre 20 % de son capital. Cette opération pourrait lui permettre de lever environ 4,2 milliards de dollars.
Le projet doit également permettre d’augmenter les revenus versés aux fédérations nationales.
Chaque association membre pourrait ainsi passer de 8 millions de dollars prévus sur le cycle 2023-2026 à 20 millions de dollars sur la période 2027-2030.
Les fédérations pourraient aussi bénéficier de 20 millions de dollars supplémentaires dans le cadre du programme FIFA Fast Forward, destiné à financer des projets stratégiques.
Mais cette perspective financière ne convainc pas tout le monde.
Pourquoi l’Espagne et le Portugal pourraient-ils renoncer au Mondial 2030 ?
La principale opposition pour le moment vient de l’UEFA. L’instance européenne s’est fermement opposée au projet de Gianni Infantino. Elle affirme également disposer du soutien de ses 55 fédérations nationales. L’UEFA a surtout brandi une menace particulièrement lourde. Les sélections européennes pourraient boycotter les compétitions organisées par la FIFA tant que le projet restera en vigueur. Cette position pourrait directement affecter le Mondial 2030.
Selon El Español, une Coupe du monde sans les sélections européennes serait difficile à imaginer. Le tournoi perdrait une partie de son caractère mondial. Sur le plan sportif, plusieurs des meilleures équipes de la planète seraient également absentes. Chose qui affectera le niveau de la compétition. Sur les 23 éditions organisées, les équipes européennes ont remporté 13 titres contre 10 pour les pays de l’Amérique Latine et zéro pour le reste du monde. Ces chiffres expliquent le poids de football européen.
Sur le plan économique, la compétition subirait également un lourd impact. La valeur commerciale du Mondial pourrait être fortement réduite. Les droits TV seront également lourdement impactés.
La Coupe du monde féminine fortement menacée
La compétition qui pourrait être impacté est la Coupe du monde féminine 2027 qui sera organisé au Brésil. Il reste donc moins d’une année à la FIFA et à l’UEFA pour s’entendre au rsque de voir le Mondial féminin vidé de sa substance si les équipes européennes manquent à l’appel. Un boycott de l’UEFA bouleverserait donc profondément la compétition.
La CONCACAF rejette le projet d’Infantino
L’UEFA n’est pas la seule confédération à s’opposer au projet. La CONCACAF a également rejeté la proposition de la FIFA. L’instance qui regroupe les fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes estime que l’avenir du football et ses principaux actifs doivent rester entre les mains de la famille du football. La position de la CONCACAF renforce la pression sur Gianni Infantino. D’autres confédérations doivent encore clarifier leur position. La Confédération asiatique de football étudie le projet. Elle a toutefois exprimé des réserves sur la manière dont l’initiative a été présentée. La Confédération océanienne doit également examiner la proposition. La CAF reste pour l’instant prudente. La CONMEBOL doit encore se prononcer.
L’avenir du Mondial 2030 dépend désormais de l’issue du bras de fer
À ce stade, rien ne permet d’affirmer que l’Espagne et le Portugal vont effectivement renoncer au Mondial 2030. Mais l’hypothèse évoquée par El Español montre que la crise entre la FIFA et l’UEFA pourrait avoir des conséquences majeures. Le projet de Gianni Infantino a déclenché une opposition qui dépasse désormais le simple débat sur le financement du football. Si aucun compromis n’est trouvé, l’Espagne et le Portugal pourraient se retrouver face à un choix difficile.
Une chose est certaine : le Mondial 2030, qui devait symboliser l’union de trois pays et de deux continents, se retrouve désormais au cœur d’un conflit institutionnel qui pourrait redessiner l’avenir du football mondial.
Par : Abderrahman Ichi

