À l’issue du match nul (1-1) entre le Maroc et l’Équateur, Mohamed Ouahbi a dressé un premier bilan mesuré de la prestation de ses joueurs. Pour ses débuts à la tête des Lions de l’Atlas, le sélectionneur a insisté sur la valeur de l’adversaire et sur l’intérêt d’un tel test dans le cadre de la préparation.
Déclaration Mohamed Ouahbi Maroc – Équateur
Pour sa première sur le banc des Lions de l’Atlas, Mohamed Ouahbi n’a pas cherché à masquer la réalité. Le nul concédé face à l’Équateur (1-1) lui a surtout servi de révélateur. Plus qu’un simple résultat, c’est une photographie assez nette du niveau actuel de son équipe qu’il retient.
Le sélectionneur marocain s’y attendait. En face, l’Équateur n’avait rien d’un adversaire ordinaire. Deuxième des qualifications sud-américaines derrière l’Argentine, devant des nations comme le Brésil, l’Uruguay ou encore la Colombie, la sélection équatorienne a confirmé son statut. Intensité, impact, discipline : le test était tout sauf anodin.
Et c’est précisément ce que recherchait Ouahbi.
Un choix assumé : éviter les matchs faciles
Dans un contexte de préparation raccourcie, le technicien marocain a clairement fait le choix de la difficulté. Pas question d’accumuler des matchs sans relief. L’objectif est ailleurs : se confronter immédiatement à l’exigence du haut niveau.
Ce type d’opposition permet de gagner du temps. De voir, sans filtre, où se situe réellement l’équipe. Et surtout, de mettre en lumière les manques.
“Ce genre de match nous montre ce qu’on doit encore régler”, a-t-il expliqué, sans détour.
Entre satisfaction et frustration
Le score final ne raconte pas toute l’histoire. Car dans ce match, le Maroc a alterné. Bousculé par séquences, intéressant par moments, mais encore irrégulier.
Ouahbi ne cache pas une certaine satisfaction. L’état d’esprit, la volonté de presser haut, l’intention de récupérer rapidement le ballon sont autant de signaux positifs. Mais ils restent insuffisants pour faire basculer une rencontre de ce niveau.
La frustration existe aussi. Un penalty manqué, des situations mal exploitées : avec plus de réalisme, le Maroc aurait pu l’emporter. Le nul apparaît logique, mais il laisse un sentiment d’inachevé.
Un pressing ambitieux, mais encore désynchronisé
C’est l’un des chantiers majeurs identifiés. Le Maroc a tenté de presser haut, parfois avec intensité, mais sans toujours trouver la bonne coordination.
Le problème n’est pas l’intention. Elle est claire. Le problème est dans l’exécution. Le timing, les distances, la synchronisation collective restent perfectibles.
Ouahbi le reconnaît : ce registre de jeu n’est pas encore totalement maîtrisé par son groupe. Et surtout, il ne sera pas systématique. L’idée n’est pas de presser haut en permanence, mais de savoir quand et comment le faire.
Une équipe créative en quête d’équilibre
Offensivement, le sélectionneur dispose d’un profil d’effectif particulier. Beaucoup de joueurs techniques, capables d’évoluer entre les lignes, de créer, de combiner. Des profils proches du numéro 10, parfois utilisés en faux neuf.
Une richesse, mais aussi un défi.
Car cette créativité doit s’accompagner d’une meilleure occupation de la profondeur. Le Maroc doit apprendre à varier, à ne pas jouer uniquement dans les pieds, mais aussi dans l’espace.
L’équilibre entre jeu combiné et verticalité reste à trouver.
Une feuille de route claire avant le Mondial
Au fond, Ouahbi ne s’inquiète pas. Il observe. Il note. Il construit.
Sortir de ce match avec des axes de travail n’est pas un problème. Ce serait même l’inverse qui l’aurait inquiété. Pour lui, ce constat est logique, presque nécessaire.
L’objectif est fixé depuis le départ : être prêt au moment de la Coupe du monde.
Et dans cette optique, ce match face à l’Équateur n’est pas une fin en soi. C’est un point de départ. Un premier repère. Et surtout, un rappel clair des exigences à atteindre.
Par : Abderrahman Ichi



