Dans un entretien accordé à footmercato.net, Bilal El Khannouss lève le voile sur sa fulgurante ascension. Le prodige marocain du VfB Stuttgart, à quelques jours de la CAN 2025, revient avec franchise sur les raisons de son éclosion en Bundesliga, sur un été de transfert qui l’a forgé et sur le devoir sacré qui attend les Lions de l’Atlas devant leur public.
L’éclosion de Bilal El Khannouss à Stuttgart : la preuve par les chiffres
La statistique est implacable et scelle une intégration parfaite. En 18 rencontres sous le maillot du VfB Stuttgart, Bilal El Khannouss a déjà inscrit 5 buts et délivré 4 passes décisives. Des performances qui répondent à une exigence qu’il s’est lui-même fixée. « Ce qui me manquait, je pense, c’était des statistiques », a-t-il avoué à Footmercato.net, pointant du doigt le critère devenu indispensable dans le football moderne.
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Un déclic qui a trouvé un terrain d’expression idéal en Allemagne. « C’est un championnat ouvert, il y a beaucoup d’espaces. Ça joue beaucoup homme contre homme aussi », analyse le milieu de 20 ans, visiblement en symbiose avec le style pratiqué par son équipe et son coach Sebastian Hoeness. Cette sérénité trouve aussi sa source dans un groupe qu’il décrit comme « très soudé », prêt à défendre chacun de ses membres, à l’image du soutien montré à Angelo Stiller.
Le mercato mouvementé de Bilal El Khannouss : entre désillusions et révélations
Derrière cette réussite apparente se cache un parcours du combattant lors du dernier mercato estival. La relégation de Leicester City en Championship a sonné le glas de son aventure anglaise, mais la sortie s’est avérée semée d’embûches. « J’ai eu pas mal d’intérêts de clubs mais du concret seulement de certains », révèle-t-il, citant des discussions avancées avec Crystal Palace et Newcastle United qui n’ont pas abouti.
Cette période a été une véritable épreuve pour le mental du jeune joueur. « Je suis un gars qui se remet en question. Donc je me suis regardé dans le miroir », confie-t-il, évoquant une réflexion profonde sur son profil. Il en tire une leçon capitale : « Le football d’aujourd’hui, c’est performer et avoir des statistiques. Jouer de bons matches, ce n’est plus assez. » Une prise de conscience qui guide désormais ses performances. Son refus de rester en Championship fut catégorique : « Je ne me voyais vraiment pas rester une année de plus à Leicester. »
La mission CAN 2025 selon Bilal El Khannouss : « Le pays avant tout »
L’urgence est désormais tournée vers l’événement continental. Pour Bilal El Khannouss, la CAN 2025 au Maroc revêt une dimension historique. « C’est la compétition la plus importante de l’histoire du Maroc. Une CAN à la maison », affirme-t-il avec une gravité palpable. Conscient de l’attente démesurée, il balaie d’avance toute excuse : « On a tout en place pour faire une bonne compétition. (…) On joue à la maison, il n’y a pas d’excuses. »
Avec lucidité, il anticipe le schéma tactique qui attend les Lions : « Quand tu vois les qualités qu’on a, je pense qu’il y a pas mal d’équipes qui vont nous attendre en bloc bas. » Une configuration à laquelle l’équipe s’est préparée. Évoquant la blessure d’Achraf Hakimi, un « frère », il admet que « ça fait mal » mais salue déjà sa convalescence.
Sur son rôle en sélection, dans un secteur surabondant en talents, sa posture est empreinte de maturité et d’abnégation. « Que je sois titulaire, remplaçant, réserviste, pas de souci. C’est le pays avant tout. J’accepterai », assure-t-il, tout en nourrissant l’ambition légitime de jouer.
L’engagement sans regret de Bilal El Khannouss pour le Maroc
Son choix précoce de représenter le Maroc, décrit comme un « choix du cœur », est pour lui une fierté absolue. Il espère que son parcours puisse inspirer d’autres talents de la diaspora. « Si on choisit tous nos pays africains, l’Afrique peut devenir très grande », lance-t-il, visionnaire.
Interrogé sur la délicate question des binationaux, il se fait gardien de la liberté individuelle. « Chacun fait son choix et personne ne doit influencer quelqu’un », tranche-t-il, expliquant qu’il se contente de présenter les réalités du groupe marocain, comme il l’a fait avec Chamsdine Talbi, sans jamais pousser vers une décision.
À 21 ans, Bilal El Khannouss présente déjà la sagesse d’un vétéran et la détermination d’un homme en mission. Porté par une saison personnelle réussie à Stuttgart, il aborde la CAN 2025 avec la ferme intention de transformer l’essai et d’offrir à son pays un titre qui résonnerait comme l’accomplissement d’une génération dorée.
Par : A.I.
