Tension aux Législatives : Akhannouch tacle Lekjaa sur l’exploitation politique du football !
Aziz Akhannouch, accuse Fouzi Lekjaa de récupérer les succès du football à des fins électorales. Le chef du gouvernement dresse le bilan des promesses faite par le président de la FRMF non tenues. La fin de la campagne électorale s’annonce sans merci.
Législatives : Akhannouch tacle Lekjaa sur la récupération du football et ses promesses non tenues. À mesure que s’approche le scrutin électoral du 23 septembre, la confrontation politique entre le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti authenticité et modernité (PAM) a franchi un point de non-retour. Au cœur de l’affrontement : l’exploitation partisane des chantiers du football national et l’annonce unilatérale d’objectifs sportifs majeurs.
Lors d’un meeting organisé à Médiouna, le chef du gouvernement et président du RNI, Aziz Akhannouch, est directement monté au créneau pour recadrer les sorties de son allié d’hier, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et désormais figure politique de premier plan au sein du bureau politique du PAM.
Promesses non tenues et souveraineté d’État
En réponse aux récentes annonces triomphalistes de Fouzi Lekjaa – affirmant notamment que la finale de la Coupe du Monde 2030 se tiendra au futur Grand Stade Hassan II de Benslimane -, Aziz Akhannouch a opposé un démenti appuyé sur la méthode et sur le fonds.
« Les promesses, ce n’est pas répéter trois fois qu’on va gagner la Coupe d’Afrique féminine alors qu’il n’y a rien. Les promesses, ce n’est pas dire qu’on va gagner la Coupe d’Afrique alors qu’on attend toujours », a asséné le patron du RNI devant ses militants.
Le chef du gouvernement a rappelé qu’avancer une attribution définitive de la finale du Mondial 2030 sur les estrades de campagne constitue une imprudence diplomatique, ce dossier exigeant une concertation souveraine avec les partenaires coorganisateurs espagnols et portugais.
Mustapha Sehimi : « Le spectacle d’un divorce inédit au sein de la majorité »
Pour le politologue et professeur de droit Mustapha Sehimi, cette passe d’armes directe s’inscrit dans la mécanique d’une fracture profonde au sein de la coalition sortante. Décryptant la trajectoire de la campagne, l’expert souligne la singularité de la situation :
« Le fait marquant de cette campagne pour le scrutin du 23 septembre réside dans le divorce consommé entre le RNI et le PAM. L’entrée en scène de Fouzi Lekjaa sous les couleurs du PAM a déplacé le débat : au lieu de porter sur le bilan gouvernemental commun, l’affrontement s’est mué en une guerre d’attributions et de surenchères où les promesses non tenues deviennent l’angle d’attaque privilégié pour freiner l’ascension de l’adversaire. »
Selon Sehimi, l’usage des dossiers stratégiques – qu’il s’agisse des arbitrages budgétaires ou de la diplomatie sportive – sert désormais d’amplificateur dans la bataille pour la première place électorale.
Mohamed Douyeb : Le risque de l’instrumentalisation médiatique du sport
De son côté, l’analyste et consultant en communication politique Mohamed Douyeb met en garde contre les dangers d’associer la passion du ballon rond aux arguments de campagne électorale.
Selon l’expert, l’utilisation des infrastructures sportives et du Mondial 2030 comme levier d’adhésion populaire constitue une stratégie à haut risque. Lorsque le politique s’approprie les victoires et formule des promesses de trophées, chaque échec sur le terrain vert se transforme immédiatement en passif électoral.
Pour Mohamed Douyeb, le recadrage opéré par Aziz Akhannouch vise avant tout à sanctuariser les succès de l’équipe nationale et les grands projets d’État pour éviter qu’ils ne soient dévalués par des rivalités partisanes de court terme.
Par : Abderrahman Ichi
Akhannouch tacle Lekjaa sur la récupération du football et lui rappelle ses promesses non tenues.