Stade Hassan II de Benslimane: Lekjaa dévoile son avenir sportif
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Raja, Wydad, Lions de l’Atlas : Lekjaa dessine l’avenir du stade Hassan II de Benslimane après le Mondial 2030

Le futur stade Hassan II de Benslimane est appelé à jouer un rôle majeur bien au-delà du Mondial 2030. Fouzi Lekjaa imagine une enceinte au service du Raja, du Wydad et de l’équipe nationale.

ALT= Stade Hassan II de Benslimane.

Le futur stade Hassan II de Benslimane pourra-t-il justifier son coût et son éloignement de Casablanca une fois la Coupe du monde 2030 passée ? Face aux interrogations sur ce projet, Fouzi Lekjaa a défendu sa vocation sportive et territoriale devant les députés. Le ministre de l’Économie et des Finances affirme que l’enceinte est destinée à accueillir les rencontres du Raja, du Wydad et de la sélection nationale, avec plus de 25 matchs par saison et plus de 100 000 spectateurs cumulés. Il a également précisé que le coût définitif du chantier ne pourra être établi qu’après l’attribution du dernier marché.

Stade Hassan II de Benslimane : le Raja et le Wydad au cœur de l’exploitation après 2030

C’est l’un des principaux arguments avancés par Fouzi Lekjaa pour défendre le projet : le futur stade Hassan II ne serait pas uniquement destiné à accueillir les grandes rencontres de la Coupe du monde 2030.

Lors de l’examen du projet de loi de finances 2027 devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, le ministre a affirmé que l’enceinte est appelée à bénéficier au Raja Club Athletic, au Wydad Athletic Club et à l’équipe nationale.

Selon son estimation, le cumul des rencontres disputées par les deux clubs casablancais en championnat et en compétitions africaines, auquel s’ajoutent les matchs des Lions de l’Atlas, représente plus de 25 rencontres par saison. Ces matchs pourraient attirer au total plus de 100 000 spectateurs.

Cette perspective constitue l’argument central avancé par Lekjaa pour répondre aux interrogations sur l’utilisation du stade après le Mondial. Le responsable a également insisté sur la nécessité d’intégrer les périodes d’entretien et de maintenance dans le calendrier d’exploitation de l’équipement.

Il assure que ces paramètres ont été étudiés et que le projet ne repose pas sur une logique de construction ponctuelle, sans perspective d’utilisation à long terme.

Le coût du stade de Benslimane toujours en attente d’un montant définitif

Autre sujet au cœur des débats : le coût du futur stade Hassan-II. Fouzi Lekjaa a indiqué que son montant global ne pourra être déterminé avec précision qu’après l’attribution du dernier marché relatif aux travaux.

Le ministre a expliqué que le chantier est organisé en plusieurs lots. Les marchés sont attribués à différentes étapes, ce qui ne permet pas de disposer immédiatement d’une vision complète de l’ensemble des dépenses.

Cette déclaration intervient alors que le coût du projet fait l’objet d’interrogations depuis plusieurs semaines. Une enquête de Jeune Afrique, relayée par la presse marocaine, avait évoqué une estimation de 13,6 milliards de dirhams, contre une enveloppe initiale de 5 milliards annoncée en 2023.

Ce montant de 13,6 milliards de dirhams demeure une estimation rapportée par la presse et ne constitue pas le coût définitif confirmé par Lekjaa. Le ministre renvoie précisément l’établissement du bilan financier final à l’attribution du dernier marché.

Le financement des infrastructures du Mondial également défendu

Au-delà du stade, le ministre a tenu à répondre aux interrogations sur le financement des projets liés à la Coupe du monde 2030. Selon le compte rendu publié par le média marocain Al Omk, Lekjaa a contesté l’idée selon laquelle ces investissements entraîneraient mécaniquement une hausse de la dette publique.

Il a notamment appelé à distinguer les investissements réalisés par les établissements publics dans le cadre de leurs propres modèles économiques des engagements financiers directs de l’État.

Le ministre a cité l’exemple de l’Office national des chemins de fer, qui prévoit des investissements de 104 milliards de dirhams, ainsi que celui des projets aéroportuaires. Il a également indiqué que le financement des stades repose sur un dispositif étalé sur vingt ans, avec une contribution annuelle de l’État estimée entre 700 et 800 millions de dirhams.

Ces précisions replacent le projet de Benslimane dans un programme d’investissements plus large, dont les modalités de financement ne se limitent pas au budget de construction de l’enceinte.

Lekjaa répond aux critiques sur la distance entre Casablanca et Benslimane

L’emplacement du futur stade constitue un autre point de contestation. Pour défendre le choix de Benslimane, Fouzi Lekjaa a évoqué les déplacements de la sélection nationale lors de ses matchs disputés aux États-Unis.

Il affirme avoir suivi toutes les rencontres des Lions de l’Atlas sur le sol américain et rappelle que les trajets entre leur lieu de résidence et les stades dépassaient systématiquement une heure.

À ses yeux, la distance séparant Casablanca du futur stade ne représente donc pas une situation exceptionnelle dans l’organisation des grandes compétitions.

« Imaginer qu’un supporter puisse sortir de chez lui et entrer directement dans l’enceinte sans parcourir la moindre distance est impossible. Cela n’existe nulle part dans le monde aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Le ministre a également présenté Casablanca et sa région comme un pôle central des investissements liés au Mondial 2030. Il a notamment cité le nouvel aéroport et le développement des infrastructures de transport ferroviaire régional parmi les projets appelés à bénéficier au territoire.

Un héritage qui doit dépasser les grands stades

Fouzi Lekjaa a enfin défendu une vision nationale des investissements liés à la Coupe du monde 2030. Selon lui, les retombées de l’événement ne doivent pas se concentrer uniquement dans les villes accueillant les grandes enceintes sportives.

Il a ainsi évoqué la réhabilitation du stade Cheikh Mohamed Laghdaf à Laâyoune, les travaux réalisés au stade de Dakhla ainsi que l’ouverture d’une académie régionale répondant aux normes internationales.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’associer les infrastructures sportives aux routes et aux équipements de transport afin de renforcer la connectivité entre les différentes régions du Royaume.

La défense du stade Hassan-II repose donc sur deux arguments avancés par Lekjaa : son exploitation régulière par les grands clubs casablancais et la sélection nationale, mais aussi son inscription dans un programme plus vaste d’aménagement et d’investissement.

Reste que le coût définitif du projet, son accessibilité et les conditions de son exploitation à long terme continueront d’alimenter le débat jusqu’à la concrétisation de l’ensemble des infrastructures annoncées.

Par : Abderrahman Ichi

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