La question qui fâche est en fin posée. La Botola ou les Botola (D1 et D2) ne servent pratiquement à grand chose sauf à attiser les haines entre supporters des clubs. Normalement, ces deux compétitions devront être une véritable vivier qui aliment non stop les équipes nationales toutes catégorries confondues de joueurs de haut niveau. Or, force est de constater que ces deux championnats sont hors service depuis des décennies. Face à cette réalité qui risque de tirer vers le bas le football national, le président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, a tiré la sonnette d’alarme sur cette anomalie.
Il a profité d’une réunion avec les présidents de clubs, de Ligues et des entraîneurs de la première et deuxième division, pour dresser un constat accablant sur l’apport de la Botola aux équipes nationales. Un apport qui frôle zéro. Sans détour et sans langue du bois, il estime que le championnat professionnel marocain ne contribue plus ou presque à l’alimentation des sélections nationales. Il appelle les clubs à revoir leur modèle de formation pour redevenir un véritable vivier de talents.
Le constat dressé par Fouzi Lekjaa intervient alors que les sélections marocaines affichent des résultats de premier plan. Le Maroc compte aujourd’hui 25 équipes nationales dans différentes catégories. Pourtant, la présence des joueurs issus du championnat national reste limitée. Pour le président de la FRMF, ce décalage impose une réflexion collective sur la formation et le développement des jeunes joueurs.
Lekjaa – Botola et sélections nationales : la Botola doit retrouver son rôle
Lors d’une réunion élargie avec les dirigeants des clubs, les présidents des ligues régionales, les cadres techniques et les entraîneurs, Fouzi Lekjaa a posé la question de la place réelle de la Botola dans le développement du football national.
Le président de la FRMF a souligné le contraste entre les performances des sélections et la contribution du championnat professionnel. Le Maroc dispose de 25 sélections nationales. Elles regroupent les équipes masculines et féminines ainsi que les sélections de futsal.
Mais cette réussite internationale ne se traduit pas suffisamment par la présence de joueurs issus de la Botola. Lekjaa estime que cette situation doit pousser les différents acteurs à analyser les faiblesses du système actuel.
Le cas de l’équipe nationale A illustre particulièrement cette problématique. Lors de la dernière Coupe du monde, la liste des Lions de l’Atlas ne comptait pratiquement aucun joueur de champ évoluant dans le championnat marocain. Seuls quelques gardiens remplaçants représentaient encore la Botola.
Cette situation marque une rupture avec le passé. Les clubs marocains constituaient auparavant le principal réservoir de l’équipe nationale. Aujourd’hui, une grande partie des joueurs sélectionnés évolue à l’étranger.
Lekjaa – Botola et sélections nationales : les clubs doivent redevenir un vivier
Pour Fouzi Lekjaa, l’enjeu est aussi économique. Les clubs européens ont largement profité de la progression de la valeur marchande des joueurs marocains après les performances de la sélection nationale.
Le président de la Fédération a notamment cité le cas d’Ayoub Bouaddi. Le jeune joueur du LOSC pourrait faire l’objet d’un transfert vers Manchester City dans une opération susceptible d’atteindre 100 millions d’euros. Lekjaa a également évoqué Bilal El Khannouss et Ismaïl Saibari. Leur valeur a progressé grâce à leur carrière en Europe et à leurs performances avec les Lions de l’Atlas.
La problématique dépasse toutefois la sélection A. Elle concerne aussi les équipes de jeunes.
Les sélections marocaines des moins de 17 ans, des moins de 20 ans et des moins de 23 ans s’appuient largement sur des joueurs formés à l’Académie Mohammed VI de football ou dans des clubs européens. La représentation des joueurs issus de la Botola demeure limitée.
Lekjaa a également cité le cas de la sélection olympique. Une grande partie de son effectif était issue de l’Académie Mohammed VI ou évoluait à l’étranger. Les joueurs provenant directement de la Botola étaient peu nombreux. Le président de la FRMF a notamment mentionné un joueur du Fath Union Sport et un autre de l’Union Touarga.
Le constat concerne aussi la sélection marocaine des moins de 20 ans, championne du monde, ainsi que l’équipe des moins de 17 ans présente à la dernière Coupe du monde. Pour la Fédération, cette tendance répétée révèle un problème structurel dans la formation au sein des clubs.
L’objectif est désormais clair. Les clubs marocains doivent retrouver leur statut de principal vivier des sélections nationales. Ils doivent surtout renforcer la formation et accompagner davantage les jeunes joueurs vers le haut niveau.
Cette évolution doit également permettre au football national de mieux profiter de la valeur sportive et économique créée par ses talents. La formation ne doit plus être considérée comme un simple investissement sportif. Elle doit devenir un véritable levier de développement pour les clubs et pour l’ensemble de la Botola.
Fouzi Lekjaa insiste ainsi sur la responsabilité collective des acteurs du football marocain. La Fédération, les clubs, les ligues et les cadres techniques sont appelés à dresser un diagnostic précis de la situation.
Le défi est désormais de transformer les succès des sélections en une dynamique durable pour le championnat national. Pour y parvenir, la Botola devra produire davantage de joueurs capables d’atteindre le très haut niveau et de s’imposer, à terme, avec les sélections marocaines.
Par : Abderrahman Ichi
